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24h en immersion chez les Massaï

24h en immersion chez les Massaï – Partie 3: « La nuit la plus atypique de notre vie »

Après ce rapide tour d’observation de l’intérieur de quelques maisons massaï, les enfants du village nous accompagnent devant notre hutte. Collés en permanence à nos talons, – ce qui a parfois le don d’agacer notre fille qui a appris son premier mot en langue étrangère en leur répétant (en criant parfois) « TAPALA! » (« Stop! »), – ils se montrent toutefois extrêmement soucieux de notre « confort » en nous suivant avec des chaises et nous priant (avec insistance) de nous y installer. Nous profitons alors d’un calme assez relatif (le va-et-vient d’enfants est permanent) pour observer tranquillement le jour s’en aller… Pour ma part je tente, avec les moyens du bord et dans la nuit bientôt la plus totale, de faire quelques photos de ce ciel si pur, sans aucune pollution lumineuse à des kilomètres à la ronde. Puis Ibra nous invite à aller voir comment se prépare un souper massaï : dans l’obscurité quasi complète de sa hutte, une femme s’affaire, un bébé sur les genoux. Elle prépare, éclairée uniquement par le feu chauffant le repas, la semoule qui nous sera servie accompagnée d’une sauce aux tomates, oignons et autres ingrédients mystères. Un vrai régal que nous apprendrons à déguster à la belle étoile avec une technique toute simple : se servir (avec les mains) d’un peu de semoule dans le plat, en faire une boule légèrement creusée sur le dessus avec ses doigts pour y accueillir un peu de sauce que nous ajouterons à même la casserole.

Ce repas est réellement délicieux! Mais peut-être que nos hôtes n’y trouvent pas (plus) le même plaisir que nous, eux qui ne mangent quasiment que ça, jour après jour. Après ce superbe moment hors du temps (un de plus!), il est bientôt l’heure d’aller se coucher! Un dernier tour dans la forêt pour celles et ceux qui ne souhaiteraient pas s’y aventurer en pleine nuit pour d’éventuels pressants besoins, et tout le monde rejoint son lit.

Je vais tenter de faire le tableau le plus précis possible de ce que nous avons vécu afin de montrer que c’était, et de loin, la nuit la plus atypique de notre vie. Et qu’elle le restera certainement à tout jamais :

Dans la chambre, un grand lit pour nous 4, surmonté d’une énorme moustiquaire. Le lit est évidemment en « dur » et peut accueillir, si nécessaire, bien plus de monde que ça! (lire ci-après). Une peau de vache en guise de matelas sur laquelle nous nous allongeons afin de nous tenir un peu chaud et d’avoir une (mini) sensation de confort. Rien pour se couvrir, évidemment, si ce n’est nos quelques habits que nous avons emporté avec nous pour ces 24h. Une famille entière juste à côté, séparée de notre lit par un mur. Autant dire que 6-7 personnes qui dorment (et ronflent … et se lèvent pour uriner dans un seau, – je vous passe les détails du bruit – … et parlent … etc.) dans la même pièce que nous, nous n’avons pas l’habitude! Cela nous renvoie à nos années d’école, de camps et de dortoirs … Ajouté à cela une sensation d’enfermement puisqu’il n’y a ni fenêtre, ni lumière, et que la maman a bien pris la peine de fermer la grosse porte de la chambre, nous semble-t-il à triple tour … Tout était réuni pour passer une nuit … difficile! Il faut aussi dire que nous avons vu Ibra, notre repère de ces 24 heures, partir en voiture au moment de se coucher … En réalité il déplaçait juste sa jeep, et nous l’avons évidemment retrouvé le lendemain matin. Et ce n’était encore pas tout! Nous ne nous sommes pas rendus compte tout de suite qu’un bébé chèvre dormait dans notre chambre. Ce n’est qu’aux premiers bêlements que nous nous sommes dit qu’un des enfant faisait des bruits bizarres… avant de comprendre que la chèvre était au pied de notre lit!

Je dois bien avouer qu’aussi atypique qu’elle fut, cette nuit n’a, et de loin, pas été la plus mauvaise de notre vie!

A suivre: Partie 4: « Le temps des Adieux »