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Pour cette première « Image de la semaine », je vous emmène à la Grève du Climat de Fribourg et cet univers encore peu exploré (pour ma part) qu’est celui des manifestations. Pas par manque d’intérêt, puisque je « rêve » parfois d’aller rencontrer nos chers voisins français vêtus de leurs fameux gilets jaunes pour tenter de découvrir ce qu’il leur passe réellement par la tête, mais bien parce qu’en Suisse nous manifestons peu. Alors lorsqu’une partie du sage peuple helvétique se mobilise – et plus encore les étudiants -, je me dois de sortir.

Ce 18 janvier 2019, certains étudiants de Suisse (romande principalement) se sont mis en grève afin d’alerter nos autorités sur leurs préoccupations au sujet de notre planète, avec comme thème principal le réchauffement climatique. 

Arrivé à 13h45 à la Place Georges-Python – le haut-lieu de tout bon rendez-vous fribourgeois -, je me joins à quelques centaines d’étudiants attendant sagement le début de la manifestation. « Quelque chose de sympa se prépare », me dis-je alors que je déambule au milieu des groupes. Certains discutent tranquillement, smartphone en main, alors que d’autres terminent de préparer leur(s) pancarte(s). L’ambiance est bon enfant. Est-ce le soleil, la fin de semaine, ou le fait de « sécher » les cours pour une bonne cause? Un peu des trois, à mon avis … 

Toujours est-il que le cockatil a parfaitement fonctionné et l’axe de mon reportage était tout trouvé: l’imagination débordante des étudiants et leurs messages: drôles, pertinents, sérieux, alarmants, colorés, préparés à la dernière minute; il y en avait pour tous les goûts. Et mon humour (parfois douteux) s’en est trouvé comblé.

14h30. Quelques discours plus tard, un cortège d’une vingtaine de minutes avec quelques slogans mal coordonnées s’est mis en marche, recueillant une certaine curiosité du si tranquille peuple fribourgeois. Les 2000 personnes (selon les organisateurs; 15 selon les autorités …) mobilisées se sont alors massées devant l’Hôtel de Ville en espérant certainement y faire sortir quelque politiciens pour leur expliquer que « si vous faisiez votre travail, nous serions à l’école ». C’est là que je repère ce petit groupe, et plus particulièrement ces deux jeunes hommes semblant particulièrement fiers de leur coup. Bien coordonnés (eux…), ils ouvraient et fermaient inlassablement leur ingénieuse pancarte où l’on pouvait lire: « WE NEED » dans sa version ouverte – « WEED » fermée …

Après plus d’une heure passée avec nos « gilets jaunes » en herbe, il était temps de rentrer. Ce « WE NEED WEED » clôturait parfaitement cet après-midi de revendications bien de chez nous: tranquille, pacifique, mais non dénué d’humour.